MÉAULTE AFFRONTE LA TEMPÊTE

Prévisions alarmistes à Stelia Aerospace à Méaulte 

La pandémie, et le confinement qui en résulte, clouent au sol les avions civils. Les conséquences pour l’industrie aéronautique, ses fournisseurs et sa sous-traitance, ont été immédiates et devraient persister durant deux à trois ans. La société “Stelia Aerospace”, implantée à Méaulte (80), en charge de la fabrique les pointes avant de toute la gamme avion d’Airbus, n’échappent pas à la tempête, tout comme le bassin d’emplois.

Dans le cadre de la pandémie, l’usine Stelia Aerospace a d’abord été mise à l’arrêt le 17 mars pour quatre jours. Puis elle a tourné au ralenti en raison des mesures d’hygiène et de sécurité pour prévenir le COVID19. Depuis le 20 avril, un accord d’activité partielle a  été signé, par trois organisations syndicales dont la CFTC au niveau d’Airbus groupe, qui préserve à hauteur de 92% du salaire net jusqu’au 31 décembre, pour l’ensemble de ses salariés. 

La CFTC vigilante et active dans le dialogue social

Une première projection évoque une baisse de l’activité de 30 %, passant de 63 pointes d’Airbus A320 à 40, de moitié sur l’A350 et grosse réduction de charge sur l’A330.

En raison de la fermeture du restaurant d’entreprise jusqu’au 10 mai, le temps de travail pour le personnel en 2×8 était descendu à 6 H par jour contre 8 H habituellement, les salariés ont contribué à limiter les effets  de la perte soudaine de l’activité avec 10 jours de congés annuels avant fin avril. 

Depuis le 11 mai, le temps de travail est repassé à 8 H avec l’équipe d’après-midi qui démarre à 15H30 au lieu de 13H30 pour permettre le nettoyage des postes entre les équipes. Le restaurant d’entreprise a rouvert, avec application de mesures d’hygiène drastiques et par créneau d’une ½ heure par groupe des différents secteurs de l’entreprise.Le télétravail a été favorisé jusqu’au 11 mai et les contrats des 130 intérimaires ont été arrêtés. 

Guillaume Sellier, représentant de la section syndicale CFTC Stelia Méaulte, analyse la situation avec lucidité « La CFTC s’inquiète des conditions de mise en place del’activité  partielle et quels programmes vont être impactés. Ces mesures sont nécessaires pour garantir nos emplois de demain, elles n’écartent pas la menace d’un plan social pour notre société ». 

La double priorité affichée de Stelia Aerospace est la santé et la sécurité des employés tout en garantissant la pérennité de l’entreprise. 

La double crise « sanitaire et économique » est totalement inédite. Elle frappe durement l’industrie aéronautique et Stelia Aerospace. 

La CFTC est vigilante et active dans les discussions engagées entre la direction et les partenaires sociaux.

Guillaume Sellier, représentant de la section syndicale CFTC Stelia Méaulte : « Il s’agit d’adapter la production sur le « à court terme » à la nouvelle demande nettement en baisse des clients tout en préservant l’avenir de l’entreprise afin de gérer un retour à la normale, donc de l’emploi, vers 2023 ! » 

L’inquiétude des salariés de Stelia est également celle des salariés des fournisseurs et des sous-traitants du bassin d’emplois !

Le site génère une nombreuse sous-traitance dans le bassin d’emplois Albertin : AAA, SACI, ADF, Somepic Technologie, Laroche Industries, Figeac, Betrancourt Aerospace Division, SDM, Suma Aero Mécanique et d’autres ! La baisse d’activité de Stelia impacte directement ces salariés. 

Déjà Simra envisage de licencier 50 % de ses 170 salariés. 

Guillaume Sellier, représentant de la section syndicale CFTC Stelia Méaulte : « L’avenir du bassin d’emplois passe, pour partie, par la qualité du dialogue social dans les entreprises. C’est pour cela que la démarche syndicale « ferme et responsable » menée par la CFTC est essentielle à l’avenir de nos emplois, sur notre site mais aussi chez les fournisseurs et sous-traitants de Stelia». 

Un sens des réalités partagé par un autre acteur du bassin d’emplois, le député de la Somme Stéphane Demilly, qui a alerté le Premier ministre. Dans son courrier, il appelle à « la mise en place d’une cellule de crise en Picardie, sous l’égide de l’Etat, réunissant les acteurs industriels, les partenaires sociaux et les élus concernés.” Un appel que soutient la CFTC.

Guillaume Sellier, représentant de la section syndicale CFTC Stelia Méaulte : « En cette période exceptionnelle, le défi de l’emploi, donc de l’avenir, ne peut être relevé que par la volonté de dépasser les clivages pour le bien commun, dans le respect de chacun et la cohésion ».  


Guillaume Sellier, RSS CFTC Stelia Méaulte

Contacts :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.