L’inquiétude des adhérent(e)s de la CFTC est relayée auprès du président de la République

Nous sommes nombreux a alerter la Confédération sur nos inquiétudes. Cyril Chabanier, au nom de tous “les CFTC”, a rappelé que la confiance constitue le meilleur des carburants pour redémarrer la machine à produire et à consommer … tout en soulignant que les quelques solutions « testées » via les médias pour accompagner la reprise d’activité ont un air de « déjà vu ».

Parmi ces solutions, la baisse des salaires et/ou la dégradation des conditions de travail comme conséquences de nouveaux assouplissements du code du travail. Dans un contexte où l’éventualité d’une seconde vague épidémique n’est pas écartée, où les faillites d’entreprises et leur corollaire, les pertes d’emplois, pourraient battre des records, recycler de telles solutions n’est pas de nature à redonner la confiance !

La CFTC a aussi rappelé au Président de la République ses propos esquissant l’après crise selon lesquels « rien ne sera plus comme avant ». En accord avec cette formule, elle a demandé que les mesures d’accompagnement en cours d’élaboration ne réinventent pas le « monde d’hier » mais favorisent la montée en gamme du pays. Pour ce faire, la CFTC en appelle à l’efficacité de la dépense publique. 

Pas opposée, par principe, aux diverses mesures d’accompagnement de l’activité, elle a demandé que ces dernières soient ajustées selon la réalité des situations économiques et financières. Certaines trésoreries permettent d’amortir tout ou partie de la baisse d’activité. 

Cet accompagnement par la puissance publique doit aussi être conditionné à l’existence d’un dialogue social. Les représentants des travailleurs doivent pouvoir garantir que les aides conduisent bien à préserver l’emploi ! Elles doivent parallèlement faciliter les reconversions vers les métiers d’avenir liés, entre autres, aux transitions écologique et numérique. Dans ce sens, elle a demandé que le futur dispositif d’activité partielle de longue durée permette une prise en charge de 100% du salaire quand le travailleur est en formation.  

En matière d’emploi et de formation, elle a encore plaidé pour un soutien massif à l’apprentissage. La rémunération de l’apprenti doit être réévaluée à la hausse en fonction de sa situation personnelle, plus ou moins précaire. Les OPCO doivent pouvoir renforcer leur contribution au titre du premier équipement afin par exemple de financer l’équipement informatique pour les cours à distance. Concernant les jeunes décrocheurs, la CFTC demande la généralisation de la « Garantie Jeunes ». Au-delà du soutien aux revenus, c’est d’un accompagnement renforcé pouvant durer jusqu’à un an dont ces jeunes ont besoins pour pousser la porte de l’emploi durable ! 

Enfin, ces mesures d’accompagnement visant différents publics devraient, selon la CFTC, être conditionnées ou, à tous le moins, proportionnées à la négociation d’une véritable gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC). La crise sanitaire ayant prouvé que des entreprises pouvaient dans l’urgence se reconfigurer voire coopérer pour fabriquer des produits de première nécessité (masques, respirateurs), le temps est venu pour les responsables politiques, économiques et sociaux de nos territoires de s’emparer de cet outil.  La dépense publique doit inciter à penser et déployer sur nos territoires les métiers et emplois de demain !     

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