CFTC : … en amont du Congrès Confédéral de Marseille, début novembre …

Philippe Louis, président de la CFTC, et Bernard Sagez, secrétaire général, lors d‘une conférence de presse à Paris le 1er octobre, ont pris le temps de faire le bilan et d’éclairer l’avenir du mouvement.

La CFTC face aux médias nationaux, le 1er octobre 2019, à Paris.

Vers un rajeunissement des instances décisionnelles de la CFTC ?

Au nombre des annonces, Cyril Chabanier, président de la fédération PSE (Protection sociale et emploi) qui sera présenté au suffrage des congressistes pour devenir le président de la CFTC à l’issue du Congrès.

Âgé de 47 ans, originaire du sud de la France, il est le candidat unique à la succession de Philippe Louis atteint par la limite d’âge, 64 ans.

Alors que Bernard Sagez, également touché par la limite d’âge, quittera le poste de secrétaire général à l’issue du Congrès, aucun nom n’est, pour le moment, avancé pour reprendre les fonctions.

Bernard Sagez, secrétaire général

Quant à la trésorière, Isabelle Thérain, connue en Hauts-de-France pour ses racines nordistes, elle sollicitera sa reconduction dans ses responsabilités auprès des congressistes.

Isabelle Therain, trésorière

Renouvellement avec maintien du cap !

Cyril Chabanier est titulaire d’une maîtrise en sciences économiques, d’un DESS en sciences sociales. Il est statisticien à la Cnaf (Caisse nationale des allocations familiales) où il est délégué syndical.

Membre du conseil confédéral (direction élargie) de la CFTC depuis le congrès de 2015, il a contribué au travail du « groupe prospective » qui a lancé une réflexion pour les quatre prochaines années.

Au Congrès de Marseille, s’il est élu, il passera du « mode projet » au « mode action » dans la continuité du travail de l’équipe animée par Philippe Louis.

Il considère les valeurs sociales chrétiennes comme une boussole qui nous guide et non une fin en soi. C’est cette orientation qui motive son souhait d’un rajeunissement et d’une féminisation des instances. Il souhaite également une coopération avec d’autres organisations syndicales, réformistes en particulier, et avec le monde associatif, les ONG.

Tout indique que le cap « CFTC »  est maintenu dans les valeurs, et son action accélérée par la prise en compte des évolutions sociales vécues par les salariés, notamment les plus jeunes.

Cyril Chabanier, candidat

Philippe Louis : un bilan 3.0 !

Cette conférence de presse a également été le temps du bilan de l’action de Philippe Louis, président sortant. Les motions d’orientation des précédents Congrès, de Poitiers et Vichy, ont résisté à l’épreuve des faits. La prise en compte des faits « numérisation » et « uberisation » du travail en témoigne.

Au cours de ses deux mandats de président, la CFTC s’est attelée à construire des propositions innovantes, relatives aux droits attachés à la personne et non à sa présence dans l’entreprise. Une démarche qui distingue nettement la CFTC.

Philippe Louis, président confédéral

Quels chantiers à l’avenir pour la CFTC ?

Un parmi d’autres, la CFTC est entrée de plein pied dans la concertation sur la réforme des retraites.

Elle entend contribuer à un système plus juste en considérant qu’il y a une « fenêtre de tir » pour améliorer les choses, dont la reconnaissance de la pénibilité au travail. Egalement, certains efforts de justice passent plutôt par une réévaluation des rémunérations (enseignants, personnels hospitaliers) plutôt que par une règle de retraite spécifique.

En route vers le syndicalisme de demain

Le congrès de Marseille devra répondre aux « enjeux du syndicalisme de demain ».

Il s’agit de mettre à niveau les moyens de nos ambitions avec l’instauration d’une plateforme communautaire de mise en relation des adhérents et sympathisants.

La réflexion des militants, ces dernières années, amène au constat qu’au cours d’une vie professionnelle, les personnes peuvent changer d’entreprise, de métier, de statut. La carrière de demain ne sera plus linéaire comme aujourd’hui.

Le syndicalisme voulu par « les CFTC » ne doit pas être ” de service pour les salariés “, mais ” au service des salariés “, témoignant ainsi de son enracinement dans les valeurs sociales-chrétiennes.

Il est urgent de contrebalancer « l’isolement » qui caractérise le monde des réseaux sociaux par « un réseau au service de toute une communauté ». L’objectif est de dessiner ensemble des actions qui contribueront à l’avènement d’une société plus juste, plus responsable et plus solidaire…

Pour cela, la CFTC entend ” attacher le syndicalisme à la personne ” … et non pas l’inverse.

On notera, en forme de conclusion et de remerciement que Philippe Louis avait pensé et écrit, en 2016, les contours de cette culture collaborative dans son ouvrage Vive le Social 3.0 !  On n’a jamais raison trop tôt !

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